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Bonjour à toi visiteur, et bienvenue sur mon blog de fan-fix!

Voici une table des matières pour mieux t'y retrouver!

N'hésite pas à laisser des commentaires sur les chapitres, cela fait toujours plaisir!


Mon "vrai" blog : Le grimoire noir et rose

One shots :

- Gomen
- Toi

Fics :

- Un autre monde : 01 --- 02 --- 03 -- 04 -- 05

- Tout le bonheur du monde : 01 -- 02-- 03--04 --05 -- 06NEW

# Gepost op woensdag 03 december 2008, 07u02

Gewijzigd op maandag 13 juli 2009, 17u32

[One shot] Gomen

[One shot] Gomen
Elle s'accouda à la rambarde avec un soupir de soulagement. L'air frais lui faisait du bien, le bruit qui régnait à l'intérieur devenait insupportable. Ses mains tremblaient encore légèrement, elle les serra pour essayer de le dissimuler. Le vent soufflait légèrement, le froid faisait perdre ses couleurs à ses joues. Elle observa la ville qui s'étendait en-dessous d'elle. Les phares de voitures s'agitaient comme des lucioles par une chaude soirée d'été, les enseignes lumineuses envoyaient leurs couleurs criardes à la tête des passants, pressés de rentrer chez eux pour le repas du soir, qui s'étalaient comme une longue fourmilière dans les rues de Tokyo. Le vent la fit frissonner, et elle se frotta les bras nus pour tenter de se réchauffer un peu. Puis, à sa surprise, une veste fut déposée sur ses épaules.

- Tu vas prendre froid.

La voix était grave, un peu rauque et toujours remuée des événements de cette journée qui semblait ne jamais vouloir se terminer. Elle sourit à Yamashita qui venait de la rejoindre. C'était un semblant de sourire, petit, perdu sur son visage trop grave, mais il était donné du fond du c½ur.

- Merci. Je venais juste prendre l'air deux minutes. Il fait trop lourd à l'intérieur.

Le garçon acquiesça. Il le ressentait aussi, il aurait voulu prendre du repos, penser à tout ça, mais ils avaient insisté pour souper ensemble et ils étaient là à présent, tous les deux, prisonniers dans ce repas. Il s'appuya sur la rambarde à côté de la jeune fille et son regard se perdit dans la même direction qu'elle un peu auparavant.

- Gomen...

Il ne la regardait pas. C'étaient des mots déjà difficilement prononcés, il n'aurait pas pu les dire s'il lui avait fait face. Ce fut elle qui se tourna vers lui.

- Et on peut savoir pour quelle raison tu t'excuses au juste ?
- Je... Je ne suis même pas capable de...

Sa voix se brisa et il resta silencieux quelques minutes. La jeune fille l'observait, essayant de deviner où il voulait en venir, mais sans le bousculer, sans quoi il se fermerait et la conversation s'arrêterait là. Au bout d'un temps qui lui parut interminable, il reprit d'une petite voix.

- Je m'excuse d'être égoïste, de te vouloir pour moi. Je m'excuse d'avoir toujours besoin de toi, même quand je n'ai pas besoin de toi, au fond, ça n'est qu'une fuite. Mais par-dessus tout, je m'excuse d'être ce que je suis. Je ne suis même pas capable de te protéger, parce que ça a toujours été toi qui m'as protégé. Toujours, et pour une fois, une seule petite fois... je n'en ai pas été capable, je n'ai absolument rien pu faire.

Malgré l'obscurité, elle vit le reflet d'une larme glisser le long de sa joue. Elle sentit son estomac se contracter, à la fois de tristesse et de bonheur pour cette déclaration inattendue. Elle se tourna complètement vers lui et sourit.

- Je me fiche que tu me protèges ou non, dit-elle d'une voix douce. Ce qui m'importe, moi, c'est que tu me sauves. Tu m'as sauvée de nombreuses fois, des profondeurs que je n'aurais pu parcourir moi-même, sans toi. Peu importe que je doive te défendre, te protéger. Peu m'importe tant qu'il s'agit de toi.

Il la regarda longuement, digérant lentement ses paroles. Elle savait qu'elle ne l'avait pas convaincu, cependant, il avait besoin de l'entendre et elle avait besoin de le dire. Elle s'avança, déposa un léger baiser sur ses lèvres froides et sourit à nouveau. Au ralenti, il tendit les bras et les passa autours des épaules de la jeune fille, l'attirant contre lui. Ils restèrent ainsi quelques instants, savourant la chaleur du contact, petit couple perdu sur un balcon au milieu d'une ville trop grande.

----- Le même jour, quelques heures plus tôt -----

Elle traversa la place à pas rapides, elle était pressée de rejoindre Tomo-chan qu'elle n'avait pas encore vu de la journée. Demain, cela ferait 2 ans qu'ils étaient ensemble. Malgré toutes les difficultés rencontrées, malgré les disputes, les séparations provisoires, les divergences d'opinion, ils étaient toujours ensemble. 2 ans... Elle sourit en posant une main sur son ventre. Peut-être que cette fois-ci, ce serait la bonne. Elle ne le lui avait pas encore dit, elle préférait attendre d'être sure. Ce serait sûrement la bonne.

Elle arriva à l'endroit du rendez-vous et fut surprise de n'y voir personne. L'endroit était isolé, et ils s'y rendaient régulièrement sans avoir jamais eu de soucis. Peut-être un contretemps ? Elle allait s'asseoir sur le rebord de la fontaine qui crachait joyeusement son eau comme à l'accoutumée, lorsqu'elle entendit des voix venant d'une ruelle adjacente. Curieuse de nature, elle fronça les sourcils et se leva, pour se rasseoir de suite. Elle n'allait pas sursauter comme une ado à son premier rencard à chaque bruit suspect tout de même ! Nouveaux éclats de voix. Elle n'y résista pas et alla y jeter un ½il. Elle arriva dans la ruelle et blêmit. Trois types armés de battes de baseball étaient en train d'en tabasser un quatrième... qui n'était autre que le garçon qu'elle attendait. Elle serra les dents, son regard se voila. Son sac tomba à ses pieds. Elle s'avança et décrocha une droite dans la mâchoire du premier type qui passa à sa portée. Pris par surprise, il roula sur le sol. Il y eut un instant de flottement, puis les deux autres furent sur elle. Elle ne décolérait pas, leur hurlant de lâcher Yamashita. Le second type l'envoyer voler dans une poubelle non loin, mais la jeune fille se releva, titubante, et revint à la charge. Les battes se levèrent à nouveau, et dans un ultime effort, elle se jeta sur le garçon, faisant barrière avec son corps et encaissant les coups à sa place.

----- Une demi-heure plus tard -----

La porte s'ouvrit, Yamashita et Akanishi poussèrent un soupir de soulagement en voyant sortir la jeune fille, s'inclinant au passage pour remercier une dernière fois le médecin qui l'avait reçue.

- Rien de grave, dit-elle avec un sourire, un poignet foulé, des bleus partout. Je dois juste me reposer.

Yamashita passa un bras autours de sa taille pour la conduire jusqu'à la voiture. Trop heureux qu'elle n'ait rien, il ne vit pas la tristesse qui passa dans son regard, ni la main qui fit un rapide geste sur son ventre, pour s'en retirer aussi vite.

« Gomen » pensa-t-elle, une boule dans la gorge. « Ce n'était pas encore pour cette fois, apparemment. »
Dans la voiture, Akanishi, qui les avait accompagnés, suggéra de leur cuisiner quelque chose, pour laisser la jeune fille se reposer. Ils se regardèrent, n'osant refuser, hochèrent la tête en signe d'accord. Se laissant bercer par le trajet, la jeune fille posa sa tête sur l'épaule du garçon, se consolant en elle-même avec son odeur et cette main rassurante posée sur son épaule.

« Ce n'est pas la fin, pensa-t-elle, ce n'est que le début. »

# Gepost op woensdag 03 december 2008, 07u02

Un autre monde : Chapitre 1

Un autre monde : Chapitre 1
Alors voilà, une nouvelle fan-fic qui concerne Yamapi (mais qui sera en même temps du Fantasy... oulà ^^

Note pour ceux qui connaissent pas :

Yamapi = surnom, son vrai nom est Yamashita Tomohisa. Les jap utilisent couramment le nom de famille (Yamashita donc) et le prénom seulement de manière familière (ca aura surement de l'importance plus loin)

Bref, assez de blabla, voila le début du chap.1


Chapitre 1 : le chaos

Le bruit était assourdissant. Peut-être les alarmes du monde entier s'étaient-elles mises en route ? Peut-être que la Terre entière hurlait au désespoir, de concert avec ces alarmes ? Mais, le monde, quel était-il ? Le monde ? Les mondes ? Ces gens à cheval qui passaient devant lui, existaient-ils vraiment ? Ou n'était-ce que le fruit de son imagination ? La tête lui tournait, le vacarme lui donnait la nausée. Il baissa les yeux un instant, regardant sans les voir ses mains qui tremblaient. Rouges de sang. Etait-ce le sien ? Il n'en savait rien à vrai dire et la simple pensée qu'il puisse mourir là ne lui fit plus aucun effet. Une personne trébucha sur sa jambe tendue, il ne fit aucun effort pour la replier, de toute façon elle était probablement cassée. La femme se releva vite, l'air hagard, et continua de fuir. « Mais où vas-tu ? pensa-t-il. Tu n'as nulle part où fuir. » Ca, il l'avait compris. Ca avait probablement du lui prendre plus d'une heure, une heure durant laquelle il était resté assis là, à observer le macabre spectacle qu'offrait Tokyo (ou était-ce ailleurs ?) en cette soirée de septembre. Une heure à se poser des questions qui restaient sans réponses, une heure à écouter les échos des cris qui flottaient dans l'air du soir, une heure de lutte contre la folie. « Il semble qu'elle ait gagné » pensa-t-il. « Folie, me permettras-tu de rester en vie dans cet enfer ? »

Le monde s'était ébréché. Elle filait vers ce même lieu que tout le monde fuyait, rapide comme le vent, perchée sur un étalon trop grand pour le commun des mortels. Le spectacle parlait à lui tout seul : des morts, des morts et des morts, encore, et partout. « Ca y est, nous y voilà » pensa-t-elle amèrement. « On a travaillé si dur pour ne pas que ça arrive. » Ses cheveux volaient dans son dos, longs mais semblant dotés de vie, restant dans son sillage pour ne pas gêner ses mouvements. Ses yeux verts, perçants, scrutaient les alentours, cherchant son but. Enfin, elle l'aperçu. Le ciel semblait s'être déchiré, l'ouverture béante baignant dans une lumière rouge obscure. Les oiseaux, aveuglés et effrayés essayaient de s'échapper et tombaient morts lorsqu'ils passaient trop près. La brèche ! Béante, immense, probablement irréparable. Le désespoir la prit par surprise. Elle ne s'attendait pas à quelque chose de cette ampleur, c'était tout simplement de trop. Näkki passa en coup de vent à côté d'elle, dans ses capes noires, filant droit vers cette brèche. La jeune fille releva les yeux et s'arrêta net. « Impossible » pensa-t-elle. « On est à Tokyo ? Par Shiva, c'est pas possible ! » Son regard s'était posé sur le jeune homme, toujours assis contre les restes d'un mur, en sang, vraiment très mal en point mais toujours vivant. « Yama... shita » Aucun son ne sortit pourtant de sa gorge sèche. Elle était prise entre deux feux. Il fallait agir vite mais n'arrivait pas à se décider. Elle allait chercher de l'aide quand une boule de feu grande comme une balle de football lui frôla l'épaule et alla s'écraser à quelques mètres du jeune homme, dans une pluie de béton et de métal. Ses gestes, précis et acquis depuis tellement d'années, prirent le pas sur son indécision. Elle relança son cheval au galop, sauta de selle quand elle arriva à la hauteur du garçon, le força à se lever, l'installa sur son cheval et repartit aussi vite. Une seconde boule de feu, plus rouge que la précédente passa si près d'elle qu'une odeur de brûlé lui monta aux narines. « Ha non, Kalorn, c'est pas le moment ». Elle talonna sa monture, qui semblait trop à l'aise dans ce dédale de pièges en tous genres. Puis l'instant d'après ils débarquaient dans un coin de verdure. La différence de bruit monta à la tête du jeune homme qui roula sur le sol en se tenant les tempes. La jeune fille elle-même, pourtant habituée, ne se sentait pas bien. Le calme était presque parfait. Des oiseaux chantaient dans un arbre non loin et on entendant le bruissement des feuilles d'automne qui n'allaient pas tarder à tomber.

- « Yamashita san, n'est-ce pas? »

Elle semblait hésitante à présent. Ses cheveux roux retombaient en cascade sur ses épaules, comme pour souligner son hésitation. Elle s'accroupit près de lui, il ne bougeait toujours pas. Elle le força à se tourner sur le dos, vérifiant rapidement qu'il n'ait aucune blessure grave. Ses yeux s'ouvrirent enfin, grands et au regard profond, et croisèrent les siens.

- « Où sommes-nous ? » Sa voix tremblait encore, mais il semblait en bonne voie de retrouver toute sa raison. « Pas pour longtemps » pensa-t-elle.

- « Cette terre s'appelle Val du Lys, nous y sommes en relative sécurité. En tous cas, par rapport à ce qui se passe à Tokyo. »

- « Tu ne parles pas japonais. » C'était une constatation.

- « Non, et pour le moment, toi non plus. Ces terres sont unifiées sous une langue appelée langage commun. Chacun le parle naturellement. »

- « ... »

- « Yamashita ? »

Sa tête tournait de trop. Pourquoi régnait-il ici un tel silence ? Sa vision se troubla et il sombra dans les profondeurs des ténèbres.

Näkki chercha Niena du regard mais ne la trouva pas. Il l'avait dépassée en arrivant, puis l'avait perdue de vue. Ce n'était pas son genre de déserter un champ de bataille pourtant, à moins d'avoir mieux à faire. Dans ce chaos, qu'y avait-il de mieux à faire ? « Peu importe » se sermonna-t-il. « Je dois trouver Kalorn avant tout. » Les explosions avaient donné lieu à une multitude de foyers d'incendie, et par endroit le feu avide léchait déjà le toit des bâtiments. D'ici peu, ils allaient converger et former un mur de feu immense et infranchissable. Il fallait agir vite. Scrutant les alentours, il finit par apercevoir celui qu'il était venu défier. Kalorn, un être informe, se tenant dans les airs à mi-hauteur, dominant de toute sa hauteur ce massacre qu'il avait orchestré. En réalité, le massacre en lui-même lui importait peu. Seule comptait la brèche ouverte entre les mondes. Grâce à ce passage, il allait gouverner deux fois les terres qu'il avait actuellement. Et sans résistance. En tous cas, pas de ce côté-ci, pas dans le monde « civilisé ». Il se mit à rire, un rire âpre dont l'écho résonna dans le moindre recoin de Tokyo. Des renforts allaient arriver sous peu d'autres régions du monde, mais encore une fois, ce n'était pas son problème. Gil, son fidèle conseiller, saurait faire fi de toutes ces embrouilles mineures. Après avoir ouvert ce coin-ci du ciel, recommencer ailleurs serait un jeu d'enfant. Il avait levé les interdictions, protégées par des sorts depuis des centaines d'années. Des centaines d'années pour élaborer son plan, au final, cela avait été utile. Très utile. Maintenant, tout était parfait dans les moindres détails. Le précédant de peu, Kasp, son frère, avait détruit la paix qu'il régnait dans leur monde, liguant les dirigeants les uns contre les autres, attaquant sans ménagement les terres de tous. Maintenant, les deux mondes étaient aussi chaotiques l'un que l'autre. Et c'est là que lui, le Seigneur Kalorn, allait entrer en scène. Il éclata à nouveau de rire, sentant la folie grignoter son esprit peu à peu. Mais il était trop tard pour l'arrêter, alors il allait mener son plan à exécution jusqu'au bout, jusqu'à ce qu'elle ait raison de lui. Ce serait sa dernière ½uvre, il laisserait les mondes livrés à eux-mêmes dans une décadence sans précédant.

Ce fut cet éclat de rire sinique qui attira l'attention de Näkki. Il talonna son cheval qui partit en flèche, malgré la fatigue accumulée. Sortant son médaillon de sous sa chemise, il le leva et entama son incantation. Kalorn le vit trop tard et encaissa un coup dur, roulant dans la poussière. Alors que le soleil disparaissait à l'horizon, leur combat s'engagea.

# Gepost op woensdag 03 december 2008, 07u07

Gewijzigd op zondag 07 december 2008, 13u44

Un autre monde : Chapitre 2

Un autre monde : Chapitre 2
Chapitre 2 : Val du Lys

Yamashita ouvrit lentement les yeux. Il aurait voulu dormir encore, mais sans esprit, quoi qu'embrouillé, lui intimait l'ordre de se lever. La lumière lui fit mal, et il sentait son pouls dans ses tempes. Un peu d'aspirine ne lui ferait aucun tort. Le monde autours de lui finit par reprendre ses contours et il se redressa légèrement sur un coude. Il était couché sur une couverture d'une couleur indéfinissable et franchement peu agréable au toucher, sous un arbre. La lumière se fit moins violente quand un visage se pencha au-dessus de lui. Des yeux verts le regardaient avec douceur, mais néanmoins sans compassion. Puis apparut une tasse qui fut portée à ses lèvres.

-« Bois ça, ordonna-t-elle, c'est contre la migraine ». Il but une gorgée et fit la moue. La jeune fille éclata de rire. « Je te l'accorde, c'est pas du thé à la menthe ! ». Il avala le contenu de la jatte en trois traits puis s'assit tant bien que mal sur la couche. Son mollet lui faisait souffrir le martyr et il se fit à nouveau la réflexion que sa jambe était probablement cassée. Il releva la tête et regarda autours de lui. Pourquoi faisait-il si calme ?

- « Nous ne sommes plus dans ton monde » déclara la jeune femme comme si elle lisait dans ses pensées. « Considère qu'il s'agit d'un monde parallèle, même si en réalité ce n'est pas vraiment ça ».

Il secoua la tête. « Cette fille est folle, pensa-t-il, il ne faut pas que je reste ici. Je me demande où on est. Il observa les environs, pensant se repérer, mais son trouble n'en fut que plus grand. A perte de vue, il ne semblait y avoir que des terres vertes, et au loin une chaîne de montagnes. Des arbres solitaires parsemaient les plaines qui s'étendaient devant eux, mais rien qui ressemblât à une forêt, sauf là tout au loin. Au bout d'un moment, il commença à percevoir des légers cris d'oiseaux par-ci par-là, quand les volatiles passaient loin au-dessus de leur tête. Quelques touffes de broussailles, parfois des amas de pierres. Mais nulle part, absolument nulle part, une trace d'une quelconque vie humaine. Le jeune homme se redressa un peu plus, scrutant ce paysage désertique, sentant l'angoisse monter sournoisement dans sa poitrine. Plus il y regardait et plus il en était certain. Pas de maison, pas de voiture, même pas de route. Ce silence immonde qui remplissait ses oreilles n'était autre que l'absence des bruits de vie humaine : du vrombissement des machines aux klaxons des voitures, en passant par les voix des gens discutant, les claquement des talons des femmes dans la rue, le bruit des portes qui se ferment, des téléphones qui sonnent, des boites que l'on renverse, les bruits de la vie. Rien, nulle part, pas un seul.

Niena l'observait en silence, assise le dos contre le tronc du chêne sous lequel ils se trouvaient. Il semblait stoïque, mais elle se doutait que c'était juste sous le coup d'une angoisse trop importante, son corps ne savait comment réagir. Elle soupira. « Par Shiva, ça ne va pas être une partie de plaisir » pensa-t-elle. Les yeux du garçon s'ouvraient démesurément au fur et à mesure qu'il regardait autours de lui. Pour quelqu'un qui avait grandi en ville, cela devait faire un sacré choc. Déjà pour quelqu'un de la campagne... Un bruit de galop se fit entendre au loin. Elle le perçu bien avant Yamashita qui, hébété, continuait son inspection des lieux, pensant que tout cela n'était qu'une farce de mauvais goût. Elle s'était tendue, prête à réagir, mais reposa automatiquement le couteau qu'elle avait sorti, au bout de quelques secondes. Un instant plus tard, un jeune homme monté sur un cheval blanc apparut dans leur champ de vision. Il s'arrêta à leur hauteur et sauta prestement à bas de sa monture, puis se précipita vers la jeune fille.

- « Mon dieu, Niena, dit-il, que c'est-il passé ? »
- « La brèche, murmura-t-elle, c'était bien au-delà de tout ce qu'on aurait pu prévoir. On aurait du s'en douter qu'il n'allait pas faire les choses à moitié ! J'ai du faire demi-tour, je n'ai pas vraiment la force d'y retourner ». Elle lui tendit le bras gauche, remontant la manche de sa tunique. Le jeune homme y découvrit un bien triste spectacle. Toute une zone du bras avait viré au noir bleuté, de profondes lignes s'incrustaient dans la peau, qui ne saignait pas mais semblait brûler sous l'effet de ce sort obscur. En y observant de plus près, on pouvait deviner que les traits formaient un dessin, assez basique, représentant un cristal brisé.
- « Li, reprit la jeune fille, il n'y a pas que ça. » De la tête, elle désigna le jeune homme toujours assis sur la couverture.
- « De qui s'agit-il ? » demanda Li, les sourcils froncés.
- « Il est du Banso, l'autre monde. Je... Ecoute, cette double vie a finit par m'avoir il me semble, dit-elle en baissant légèrement la tête. C'est une star, là-bas. Je ne pouvais pas vraiment le laisser là... »
- « Soit, on ne va pas non plus l'abandonner ici... Que décide-tu ? »
- « Je vais rentrer à Gunstill. »

Il y eu un long silence. Yamashita suivait leur conversation, même s'il ne comprenait pas tout. « On n'ira nulle part, pensa-t-il, avec ma jambe dans cet état. J'espère qu'ils ont quand même un hopital par ici... Gun... Gun comment déjà ? Rhaaaa j'y comprends rien ! »

- « Tu es sure de toi ? » demanda encore Li, les sourcils froncés.
- « Je n'ai pas vraiment le choix. Je ne sais pas où en est Näkki, mais je suis sure que s'il s'en sort d'une façon ou d'une autre, il trouvera un moyen pour me rejoindre. »

Li hocha la tête.

- « Très bien, je viens avec toi, au moins jusque Bundill. Au-delà, je verrai comment je pourrai m'organiser. Ce ne sont plus mes terres par là-bas. »

- « Heeeeu... »

Ils se tournèrent tous deux vers Yamashita qui venait de se manifester.

- « Je ne voudrais pas paraître impoli, mais je pense avoir la jambe cassée, je ne pense pas que j'irai bien loin. »

La jeune fille soupira et Li sourit. Yamashita frissonna face à ce spectacle. Li souriait rarement, et son sourire n'avait, en général, rien de bien chaleureux. Cela ressemblait plutôt à quelqu'un qui s'apprêtait à s'amuser avec la vie d'une autre personne. Trifouillant dans sa besace, Niena finit par en sortir un pot en terre brune, qu'elle ouvrit. Une odeur on ne peut plus désagréable s'en échappait. Elle s'approcha, coupa son pantalon dans le sens de la hauteur, puis, sourde aux invectives du jeune homme, tourna la cheville d'un coup sec et badigeonna l'endroit de l'onguent verdâtre qui remplissait son pot. Le garçon lacha le bras de la jeune fille presque instantanément. La douleur était toujours présente, mais plus faible. Peut-être pourrait-il marcher finalement.

- Ce n'est pas comme si tu avais le choix.
(Elle lit dans mes pensées)
- On doit vraiment partir d'ici avant que...
(Je n'irai pas très loin...)
- ... ces gens ne reviennent.
(Qui ca ? ces gens ?)
- Je ne peux pas tout t'expliquer maintenant,
(ben tiens...)
- Ce serait trop long et je pense que tu vas déjà avoir du mal à comprendre les choses les plus évidentes de ce monde.
(Encore avec « ce » monde...)
- Tu n'y crois pas encore...
(Bien sur que non)
- Je m'en doute... Mais il faut quand même partir !
(J'ai mal nom d'un chien)
- La douleur s'apaisera vite.
(Mais est-ce qu'elle lit vraiment dans mes pensées ?)
- Non, je ne lis pas tes pensées ! Elle partit d'un petit rire devant les yeux ahuris du garçon. Non, mais je me doute assez de ce que tu peux penser en ce moment... Allez, viens, il faut qu'on se mette en route. Tu sais monter à cheval ?

# Gepost op woensdag 03 december 2008, 07u08

Un autre monde : Chapitre 3

Un autre monde : Chapitre 3
Voilà enfin un nouveau chapitre! Gomen ne~ je prends du temps pour mettre à jour... Il est un peu plus long, et à mon sens, l'action arrive enfin! J'espère que cela vous plaira!

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Chapitre 3

Le soleil était depuis longtemps couché quand ils arrivèrent en vue d'une bourgade, ou plutôt devrait-on dire d'un groupe de maisons. Elles se dressaient seules au milieu de la plaine, combattant le vent et la sécheresse. Ils firent halte à quelques centaines de mètres, observant le hameau paisible pour estimer s'il y avait ou non un éventuel danger. Des colonnes de fumée s'élevaient des cheminées, on entendait vaguement des bruits de musique et de conversation qui s'éparpillaient dans le calme de la nuit. Un chien errait çà et là à la recherche d'un butin. Li mit pied à terre et s'approcha de Niena. Yamashita resta perché sur l'étalon sur lequel il était si difficilement monté. S'il descendait, c'était définitif. Les deux autres étaient immobiles depuis un long moment et il commençait à s'impatienter. Il allait leur demander ce qu'il se passait quand ils le regardèrent et hochèrent la tête.

- « On y va » murmura la jeune fille.

Les trois s'avancèrent vers les maisons, Niena tenant par la bride son étalon ainsi que celui de Li qui portait Yamashita. Ils s'arrêtèrent devant ce qui semblait être un gîte. Le bâtiment était vieux et semblait même de guingois. La couleur de ses volets ne valait même plus la peine d'être devinée, certaines vitres étaient fendues et recollées avec un mélange indéfinissable de terre et d'autres substances. Ce fut Li qui s'avança et ouvrit la porte. Les deux autres eurent le temps d'apercevoir un intérieur enfumé d'où sortait la musique qu'ils entendaient depuis tout à l'heure, avec au fond un bar et quelques personnes accoudées. La porte se referma et ils attendirent. Li ressortit quelques minutes plus tard, accompagné d'une dame d'un certain âge qui devait être la propriétaire. Elle fit un signe de tête en apercevant les deux jeunes gens et leur fit signe de la suivre.

- « On va mettre vos chevaux à l'écurie. C'est pas du luxe mais ils seront mieux que dehors. »

Son accent était fort prononcé, même Yamashita pouvait s'en rendre compte alors qu'il n'était pas encore familiarisé avec cette langue.

Une fois les chevaux installés, ils rentrèrent prendre un repas à l'intérieur puis on leur donna une chambre. C'était la seule de libre, et Niena pensa à part elle que c'était probablement la seule chambre du gîte. Une fois les lits en vue, Yamashita s'écroula et s'endormit, roulé en boule. Niena l'observa quelques secondes. Après ce qu'il avait vécu aujourd'hui, il devait en effet être épuisé. Elle tourna la tête et se retrouva face à un Li bouche bée.

- « Quoi ? » demanda-t-elle d'assez mauvaise humeur. Si elle détestait quelque chose, c'était qu'on la regarde comme ça.

- « Je ne te vois pas souvent sourire » dit-il d'une voix enjouée.

- « Je ne souriais pas »

- « Ah non ? »

- « Non »

- « Comme tu le sens, Niena »

Il se tut mais n'en sourit pas moins encore un bout de temps.

« Mais qu'est-ce qui me prends ? pensa-t-elle. Pourquoi je mélange ces deux vies ? Haa j'aurais peut-être pas du lui sauver la vie ? M'enfin je ne pouvais pas le laisser là tout de même ! Eh puis merde ! Dans le Banso, dans l'autre vie, je l'ai tellement cherché, et voilà qu'il me tombe dessus au pire moment ! Merde ! »

Li la regardait encore pendant qu'elle ruminait ces pensées. Puis ils finirent par aller se coucher.

Ils furent réveillés en sursaut un peu avant l'aube, par des bruits dans le couloir. Enfin, à l'exception de Yamashita qui n'avait pas le sommeil léger. Niena jeta un coup d'½il à Li qui se déplaçait doucement pour attraper sa dague. Elle soupira et regarda le jeune asiatique.

« Putain il dort comme un bébé ! » s'énerva-t-elle.

Toujours sans faire de bruit, elle se glissa près de lui, lui posa une main sur la bouche et le réveilla. Comme prévu il voulut crier, se débattit mais elle lui fit signe de se taire et de se calmer par la même occasion. Il mit plusieurs secondes à comprendre qui elle était et où il se trouvait. Comme il lui fit signe que c'était bon, elle enleva sa main et lui intima à nouveau l'ordre de se taire, puis lui désigna ses chaussures au bas de son lit. Les légers bruits du couloir avaient été remplacés par un trifouillement dans la serrure. Le type ne devait pas avoir l'habitude, il aurait réveillé n'importe qui. « Sauf lui ! » pensa Niena en regardant le garçon mettre ses chaussures avec quelques difficultés. Quand il fut prêt, Li se leva et ouvrit la fenêtre qui grinça atrocement. Le bruit de la serrure s'arrêta net et Niena, soupirant, se leva. Elle poussa Yamashita vers la fenetre et fit signe à Li d'y aller avec lui. Le jeune homme ne tergiversa pas et le prit par le bras, enjamba le rebord de fenêtre et se laissa tomber. Niena s'approcha de Yamashita qui regardait, hébété, le trou par lequel venait de passer l'autre.

- « Il t'attends en bas, ce n'est pas haut. Essaie de ne pas atterrir sur ta jambe blessée. »

Et elle le poussa en avant pour le forcer à y aller. Les bruits derrière la porte étaient plus forts et ils allaient débarquer, inutile de le mêler à tout ça.

Yamashita enjamba le rebord à son tour et poussé par la jeune fille, se laissa tomber. Il atterrit dans un buisson qui freina sa chute, même s'il sentit une douleur cuisante remonter le long de sa cheville blessée. Li, qui se tenait juste à côté de lui, lui attrapa le bras et le guida sur quelques mètres dans un renfoncement sombre. Quelques secondes plus tard, un bruit feutré leur indiqua que la jeune fille les avait rejoints. Ils coururent sans bruit jusqu'aux écuries, récupérèrent leurs chevaux et s'en allèrent de ce bled. Au bout d'un bon kilomètre, Yamashita, toujours un peu secoué, prit la parole.

- « C'était qui ? Ils voulaient quoi ? »

- « Eh bien, des étrangers qui débarquent avec des chevaux dans ce bled pourri, je dirais qu'il est plus que probable qu'ils croyaient qu'on avait de l'argent. Beaucoup d'argent. On n'est pas dans un terre visitée, c'est loin d'être un club Med ici ! »

Li la regarda les yeux ronds.

- « Un quoi ? »

- « Et comme on avait l'air faible, reprit-elle sans se donner la peine de répondre à Li, eh bien ils ont du se dire que c'était facilement gagné. Dommage pour eux... »

- « Mais comment tu as fait ? Je veux dire... » Il hésita et rougit légèrement. « Tu es une fille... non ? »

- « ... »

- « Quoi ? Sérieux ? T'es pas une fille ? »

- « Bien sur que je suis une fille ! T'es exaspérant ! On verra ça une autre fois ! »

Elle s'énervait trop, trop vite. Elle essayait d'ignorer qu'il se trouvait dans son dos, juché cette fois sur le même cheval qu'elle. Elle essayait d'ignorer ses bras passés autours de sa taille ou son souffle dans son cou quand il lui parlait. Elle était loin d'être faible et ce n'est pas lui qui y changerait quelque chose. Définitivement.

Le soleil levant les découvrit à l'orée d'une forêt épaisse et sombre. Ils firent halte avant de s'y engager.

# Gepost op zondag 07 december 2008, 14u29